Une femme tenant un bâton à la main se tient dans un alpage devant deux vaches brunes.

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Les pâturages sont à la base de notre alimentation

Logo Année internationale de l’ONU consacrée au pastoralisme et aux pâturages

Année internationale de l’ONU consacrée au pastoralisme et aux pâturages

L’ONU a proclamé 2026 Année internationale du pastoralisme et des pâturages. L’élevage d’animaux compte parmi les plus anciennes formes d’agriculture. Les paysages pastoraux et les cultures d’élevage sont par conséquent très variés. Sur environ deux tiers de la surface agricole mondiale, il ne pousse que de l’herbe. Les pâturages assurent donc des fonctions importantes dans l’entretien des terres et la production alimentaire. Ils fournissent divers services écosystémiques en matière de protection du climat et enrichissent directement et indirectement notre identité.

Rencontrez Camille, Megan et Florent ainsi que Jessica

En 2026, trois personnes vous donneront un aperçu de leur quotidien, lequel tourne beaucoup autour de la gestion des pâturages et de l’élevage d’animaux de rente en Suisse.

Camille et Raphaël Zufferey exploitent une ferme de montagne dans le Val d’Anniviers. Ils y élèvent des vaches de la race d’Hérens et des vaches Brune d’origine qu’ils traient, ainsi que des moutons à nez noir, des chevaux, des poules et des lapins.

Megan Fellrath et Florent Farquet se rendent en été sur l’alpage du Lein (VS) avec leurs vaches de la race d’Hérens et d’autres bovins ainsi que quelques chèvres. Là-haut, ils produisent du fromage d’alpage et tiennent une buvette.

Jessica Yersin et sa famille exploitent une ferme de montagne avec des vaches laitières à Rougemont (VD). En été, toute la famille monte sur cinq alpages différents de la région, où elle produit le fromage d’alpage L’Etivaz.

La Suisse : un pays d’herbages

En Suisse aussi, les deux tiers environ de la surface agricole ne peuvent être utilisés que sous forme de pâturages. Là, il ne pousse que de l’herbe, car le terrain est trop pentu ou situé en trop haute altitude. En conséquence, le pastoralisme remonte à bien longtemps en Suisse. À la ferme, l’herbe et le foin forment l’alimentation principale des ruminants tels que les vaches, les moutons et les chèvres, mais aussi des alpagas, des lamas, des chevaux, et des ânes, ainsi que, dans la nature, des chevreuils ou des cerfs. Ces animaux disposent d’un système digestif qui leur permet de décomposer la cellulose de l’herbe et ainsi d’utiliser l’énergie qu’elle contient. Ils s’en servent pour transformer l’herbe en lait et en viande. À l’inverse, l’homme, à l’instar des porcs et des poules, ne peut pas digérer la cellulose. Sans animaux, il serait impossible d’utiliser les surfaces herbagères et donc les pâturages dans notre alimentation.

Un pâturage.
Un paysan avec ses bovins dans un pré.

L’homme et ses animaux au pâturage

Là où il y a des animaux de rente, il faut du monde pour s’en occuper. C’est pourquoi pâturages et alpagistes vont de pair. En Suisse, il s’agit en premier lieu des paysannes et des paysans. L’exploitation agricole suisse type gère des grandes cultures et pratique l’élevage. Dans les régions des collines et de montagne, la culture des champs est limitée, mais l’herbe pousse en grande quantité. Les exploitations d’alpage se sont donc spécialisées dans l’élevage d’animaux. Les alpagistes passent l’été avec surtout des vaches, mais aussi des chèvres, des moutons, des chevaux et des ânes pour leur faire brouter l’herbe en altitude. En hiver, des bergers itinérants sillonnent le pays avec des troupeaux de moutons. À noter qu’il existe aussi des particuliers qui élèvent des animaux au pâturage.

Le lait et la viande des pâturages suisses

De nombreux fromages différents en cours d'affinage sur une étagère en bois.

Lait

Les animaux de pâturage apportent une contribution considérable à la production alimentaire. Les vaches laitières de Suisse produisent chaque année environ 3587 millions de kilos de lait. Sur ce total, 44 % sont transformés en fromage, 15 % en beurre, 11 % en lait de consommation, 10 % en lait concentré et en poudre de lait, 9 % en crème, 4 % en yogourt et les 8 % restants en spécialités laitières et en séré. À cela s’ajoutent 21,6 tonnes de lait de chèvre ainsi que 6,6 tonnes de lait de brebis et 1,8 tonne de lait de bufflonne.

Le fromage suisse est célèbre dans le monde entier et se décline en 450 variétés de production locale environ. Le lait est le seul produit agricole dont le taux d’auto-approvisionnement dépasse les 100 %. Une partie du fromage est destinée à l’exportation.

Pour en savoir plus

Steaks d'agneau à la poêle.

Viande

Les animaux de pâturage donnent également de la viande. Chaque année, la Suisse produit 152 000 tonnes de viande de bœuf (79 %), de veau (16 %) et de mouton (3 %).  Les 2 % restants sont constitués de viande de chèvre, de cheval, d’âne et de lapin ainsi que de gibier.

Alors que le taux d’auto-approvisionnement en viande de bœuf est élevé (84 %), il est relativement faible en viande de mouton (35 %) et en gibier (39 %).

Le buffet du Brunch du 1er août.

Spécialités

Outre le fromage, il existe des préparations suisses ayant un lien direct avec les pâturages, par exemple le saucisson vaudois, les luganighe tessinoises, l’émincé à la zurichoise, l’assiette bernoise avec wienerli, saucisson et lard, la viande séchée des Grisons et le cervelas, mais aussi le gâteau du Vully et les caramels à la crème.

Promotion de la biodiversité

Les pâturages préservent et favorisent également la biodiversité. En effet, sans le maintien de l’espace ouvert par les animaux de pâturage et le travail de l’homme, les surfaces s’embroussailleraient en quelques années avant de se transformer en forêt. L’utilisation des pâturages permet la création d’habitats pour différentes espèces de plantes ou d’animaux sauvages.

Les animaux de pâturage apportent d’autres aspects positifs aux surfaces. En effet, leur alimentation sélective, les trous formés par leurs pattes ou le dépôt d’excréments créent d’autres petits habitats dont profitent de nombreux insectes. Les éléments structurels tels que les tas de branches et de pierres, les groupes de buissons et les buissons épineux offrent un abri et un logis aux oiseaux et aux petits animaux.

Ce sont précisément les grandes surfaces de pâturage d’un seul tenant qui offrent un habitat aux espèces permanente et une zone de cohabitation d’importance parfois européenne aux espèces migratrices, préservant ainsi une large diversité génétique.

Il ne faut pas non plus oublier la diversité des fleurs, lesquelles fournissent aussi des ressources alimentaires aux insectes pollinisateurs tels que les abeilles, les abeilles sauvages ou les bourdons, lesquels assurent à leur tour des rendements stables et satisfaisants dans la production alimentaire.

Un papillon sur une fleur.

Des pâturages pour le climat

Les prairies permanentes, qui ne nécessitent pas de travail du sol, stockent de grandes quantités de carbone. Elles empêchent ainsi ce dernier de s’échapper dans l’atmosphère et de réchauffer le climat. De telles surfaces refroidissent en outre l’air pendant la nuit. Cette fonction est importante particulièrement à proximité des zones d’habitation et autres larges surfaces imperméables, qui se réchauffent fortement en été.

Les surfaces herbagères permanentes disposent d’un sol préservé où plonger un vaste réseau racinaire, réduisant ainsi les inondations. Elles alimentent les eaux de surface et les réserves d’eau souterraine. Elles filtrent en outre l’eau et en extraient les polluants. Leurs racines stabilisent le sol et le protègent des glissements de terrain, de l’érosion et des pertes de nutriments.

Les excréments des animaux de pâturage nourrissent en outre les micro-organismes qui forment le sol, assurant ainsi sa fertilité et sa santé.

L’importance économique des pâturages

Les prairies permanentes couvrant deux tiers de la surface agricole utile, elles ont une grande importance économique en Suisse. Celle-ci ne se résume pas à la production de lait et de viande.

L’utilisation des prairies permanentes dans les régions périphériques permet d’y maintenir la faune et la flore et d’assurer une infrastructure adéquate, dont le tourisme est l’un des principaux bénéficiaires. Cette utilisation assure en outre des paysages variés, un monde d’animaux de rente photogénique et des prairies fleuries, ce qui lui confère une valeur esthétique. Les prairies sont en outre à la base des loisirs de proximité et de nombreuses activités en lien avec la nature : ski, camps de scouts, randonnées, parapente, cyclisme, équitation…

Si les surfaces herbagères en montagne sont broutées en hiver, la neige y tient mieux et le risque d’avalanche diminue.

Une paysanne s'occupant du fromage dans la cave.
Une montée traditionnelle dans les alpages suisses.

Identité et traditions

De nombreuses traditions suisses ont un lien direct ou indirect avec les surfaces herbagères suisses, notamment dans les régions de montagne et d’alpage. Saviez-vous que la saison d’alpage fait partie du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO ? Cette reconnaissance montre la grande valeur de la saison d’alpage pour la vie sociale et culturelle en Suisse.

Ce qui caractérise notre identité, ce sont par exemple toute la gastronomie liée au fromage et au lait, les montées à l’alpage et les désalpes, les fêtes agricoles ou les concours de faucheurs, le tout associé à des éléments artisanaux (costumes traditionnels, cloches/clochettes, musique) et culturels (chants, musique, yodel) particuliers. Les vaches valaisannes de la race d’Hérens sont connues pour leurs spectaculaires combats de reines.

Les aspects religieux comme la bénédiction de l’alpage ne sauraient être omis. En montagne, l’homme et les animaux sont beaucoup plus exposés aux éléments qu’en plaine et recherchent donc davantage la protection divine.

Aperçu des évènements

Aperçu des évènements tels que les montées à l’alpage et les désalpes, les expositions de bétail et d’autres possibilités éventuelles de découverte en Suisse.

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